à mes heures perdues.
je marche en regardant mes pieds, le long de l'avenue de marinville, jusqu'au café où elles m'attendent, assises en terrasse ou à notre table habituelle. au fond, à l'angle. je passe devant le 92, rue de rennes, pour imaginer mon mois d'août. je vide ma chambre, et je retrouve des choses improbables. un sac tic&tac, des photos de mon père en plein slalom géant, le plâtre de cm1. je fume une clope en caleçon bleu ciel et t-shirt découpé aux ciseaux sur mon balcon. l'encolure est trop grande, ça tombe sur mon épaule. j'écoute le chat miauler, j'organise ma journée à la dernière minute. je songe qu'envoyer un sms à julie à onze heures du matin, c'est s'exposer à des remontrances. j'attendrai midi. mes cheveux ont la marque de l'élastique et je pleure quand il pleut. je tire mon pull pour qu'il recouvre mes genoux, et le thé refroidit.
demain, on s'en va. reprendre un peu de souffle ailleurs, et oublier les bagatelles qui traînent ici. je n'parle même pas de chamboulement, mais juste d'un peu de liberté. le chamboulement, on a l'impression de le tenir entre ses mains et déjà il ne reste plus rien. à force d'y croire, il disparaît.
alors, du rire et de l'oubli.